Lors de l’appel des prévenus, on ne s’attend sûrement pas à voir deux jeunes femmes sortir des geôles du tribunal. Âgées respectivement de 27 et 22 ans, les deux jeunes paraissent effrayées à la barre.
Arrivées en provenance de Paris Charles de Gaulles le 17 juillet dernier, deux passagères d’origine italienne et française sont interpellées par la douane. Dans un des bagages, 2,5 kilogrammes de cocaïne sont retrouvés emballés dans trois paquets.
La première à donner sa version des faits est la parisienne de 27 ans. Selon elle, une de ses connaissances l’aurait contacté quelques jours avant son départ à La Réunion afin d’acheminer de la drogue sur notre territoire. Elle explique au tribunal avoir refusé dans un premier temps la demande de cette tierce personne. La prévenue poursuit en racontant que sa complice l’aurait contactée car elle avait besoin d’argent. C’est à ce moment-là que la Parisienne de 27 ans aurait proposé à la jeune Italienne ce transport. Une version des faits que la plus jeune des deux mises en cause conteste. D’après elle, c’est son ainée qui est venue la contacter. Elle soutient également qu’elle a été piégée par celle qu’elle considérait comme "son amie".
"J’avais des sugars daddys"
Questionnée sur son train de vie luxueux, la parisienne de 27 ans tente d’expliquer au tribunal que ce sont des cadeaux qu’elle a reçus. "La Rolex de 7 000 euros que j’ai c’est un homme qui me l’a offert, j’avais des sugars daddys. Ce n’est pas l’argent de la drogue" lâche-t-elle. Des explications que les magistrats ont du mal à comprendre quand on sait que la prévenue a effectué plusieurs voyages sur de très courtes périodes.
L’analyse du téléphone de la jeune Parisienne révèle que celle-ci se servait de sa cadette. Des révélations qui ont choqué la jeune Italienne qui a fondu en larmes.
Représentée, la douane demande au tribunal une amende douanière de 840 000 euros pour les deux jeunes femmes.
Dans son réquisitoire, le ministère public dresse deux portraits bien distincts. Le premier, celui de la parisienne. Celui d’une manipulatrice qui a abusé de la confiance de sa complice. À son encontre, le parquet demande une peine de 5 ans de prison et d’un maintien en détention. La jeune Italienne quant à elle, est vue comme celle qui s’est fait embarquer malgré elle. À son encontre la parquetière requiert 3 ans de prison ferme avec un maintien en détention.
Durant sa plaidoirie, le conseil de l’italienne parle d’une jeune femme porteuse de TDAH. D’une personne qui accorde sa confiance trop rapidement et dont le discernement serait altérer. L’avocate s’appuie sur différents rapports médicaux. Elle soutient que sa cliente a été piégée. Elle demande la relaxe.
L’avocate de sa complice, dresse le portrait d’une sauveuse. D’une femme qui a tout fait pour venir en aide à sa famille, installée aux Comores. Elle explique que sa cliente est parfaitement insérée dans la vie. Elle tente d’expliquer au tribunal que l’employeur de cette dernière souhaite la voir revenir en métropole.
Avant que les magistrats ne délibèrent, la plus jeune des deux prévenues a tenu à s’excuser du mal qu’elle a fait et des vies qu’elle a failli ôter. Son aînée, quant à elle, n’a rien à dire.
Après en avoir délibéré, le tribunal déclare les deux jeunes femmes coupables. L’aînée est condamnée à 4 ans de prison et sa complice à 2 ans de prison. Elles sont également condamnées à payer solidairement une amende douanière de 375 000 euros.
À la suite de l’annonce des peines, les deux jeunes femmes fondent en larmes avant de rejoindre les geôles du tribunal et d’être conduites en prison.
-Loïc Vidon