Il devra bien répondre de fait présumé de corruption. François Caillé PDG du groupe du même nom devra comparaître au tribunal correctionnel de Saint-Denis en février 2026. Il y a un an, il avait passé plus de 24 h en garde à vue. Les faits reprochés porteraient sur des marchés publics supposément truqués avec la mairie de Saint-Paul. Il ne sera pas le seul à la barre. 6 autres prévenus et une personne morale sont également convoqués devant le tribunal. Les infractions sont multiples. Elles vont de l’abus social à la fraude de bien sociaux en passant par l’association de malfaiteur. Tout part d’un seul homme : David Vital. Cet homme s’est révélé être le pivot d’une enquête tentaculaire. Une perquisition à son domicile en avril 2024 aura permis aux enquêteurs de remonter ses échanges téléphoniques. Autre volet : Air Austral. Une fausse facture de 35 000 euros auraient été réglés par une filiale de la compagnie.
L’ex PDG, Joseph Brema avait été placé en garde à vue en mars dernier ; il est soupçonné d’avoir participé à cette affaire.
Les soupçons s’étendent même au monde du cinéma. Près de 380 000 euros se seraient évaporés des caisses des salles d’Yves Ethève, de la même façon que pour la compagnie aérienne. Au total se sont donc 8 prévenus qui vont comparaître devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis du 9 au 11 février 20026.
17 autres passeront en janvier par une procédure de plaidé coupable. L’affaire Vital s’annonce déjà comme l’un des procès les plus suivis de l’année 2026.
Après la publication de l’article, le Groupe Caillé réagit dans un communiqué :
Suite aux articles parus le 2 septembre 2025, nous rappelons d’abord un principe cardinal : la présomption d’innocence s’applique au profit de M. François Caillé.
Les audiences fixées aux 9, 10 et 11 février 2026 relèvent du débat judiciaire contradictoire. Être poursuivi n’équivaut pas à être reconnu coupable : une poursuite n’est pour autant jamais une condamnation.
Le parquet a réalisé son analyse et engagé des poursuites. C’est son rôle. Mais en France, seuls des juges, indépendants, peuvent, au terme d’une audience publique, se prononcer sur une éventuelle culpabilité. Le parquet accuse. Les avocats défendent. Les juges décident.
Dans ce dossier, la procédure s’adapte aux situations. En effet, dix-sept personnes sont convoquées en CRPC le 22 janvier 2026 (voie réservée à celles et ceux qui reconnaissent les faits, avec proposition de peine soumise à l’homologation d’un juge).
A l’inverse, si huit prévenus, dont M. François Caillé, sont renvoyés à une audience publique, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas reconnu leur culpabilité et qu’un débat doit avoir lieu devant les juges qui trancheront. Cette organisation, prévue par la loi, garantit le plein exercice des droits de la défense et ne préjuge en rien de l’issue du procès.
S’agissant du contexte, il est exact que M. David Vital entretenait une relation d’affaires officielle et déclarée avec l’une des sociétés de la seule branche automobile du groupe Caillé. L’existence de relations commerciales, par nature licites, ne dit strictement rien en elle-même d’une infraction ; les questions soulevées portent sur les conditions d’attribution de certains marchés, et c’est précisément ce que l’audience permettra d’examiner, contradictoirement.
Face aux possibles commentaires hâtifs, et amalgames, susceptibles d’altérer la sérénité des débats, nous appelons chacun à respecter la présomption d’innocence et le temps judiciaire.
M. François Caillé présentera sereinement ses observations et ses pièces, exercera pleinement ses droits de la défense et s’expliquera devant ses juges, seuls compétents pour dire le droit.