« C’est dur de le voir comme ça, il se nourrit par sonde. C’est terrible de voir son enfant subir des choses comme ça », confie-t-elle. Arthur est hospitalisé depuis mercredi au CHU Nord. Selon le personnel soignant, il aurait effectivement ingéré de la soude, un produit ménager extrêmement corrosif.
La vie du petit garçon a basculé le 18 juin. Ce jour-là, la justice a décidé de son placement provisoire à la pouponnière sociale Frédéric-Levavasseur, dans un contexte de violences conjugales au sein du foyer. Le 1er juillet, le juge a confirmé le placement pour six mois, jusqu’en janvier. Séparée de son conjoint violent, Noémie a été jugée trop fragile émotionnellement pour garder son fils unique. « J’étais prête à partir, à m’isoler du père s’il le fallait, mais ils ont décidé de le placer quand même. Il doit repasser au bloc opératoire jeudi », témoigne la jeune femme.
Dans la structure Levavasseur, Arthur aurait eu accès à ce produit dangereux. Une enquête interne a été ouverte, en parallèle d’une enquête pénale diligentée par le parquet. Le Département, via l’aide sociale à l’enfance, confie certains enfants placés à des associations locales comme la pouponnière Frédéric-Levavasseur. L’autorité départementale a immédiatement repris la main sur ce dossier. « C’est inadmissible de laisser un enfant sans surveillance. Il faut être présent dans une salle avec les enfants, même s’ils dorment », insiste la mère d’Arthur.
Entre douleur et colère, Noémie attend des explications que la pouponnière ne lui aurait pas encore fournies. Elle espère surtout pouvoir retrouver son fils dans un cadre familial plus sûr.