Comment faire atterrir son avion en pleine nuit quand la tour de contrôle ne répond plus et que la piste n’est pas éclairée ? C’est l’expérience quelque peu inconfortable qui a été vécue lundi soir par un commandant de bord et ses passagers.
Il est près de minuit lorsque leur avion, parti de Paris, s’approche d’Ajaccio. Le pilote tente alors de contacter le contrôleur aérien pour obtenir l’autorisation de se poser. Mais au bout du fil, le silence. Où est passé le contrôleur ? Selon Corse-Matin, il s’avère que le contrôleur aérien en service s’était… endormi. Cela a donc contraint l’avion à patienter près d’une demi-heure dans le ciel, le temps que les pompiers et gendarmes au sol procèdent à sa recherche.
Cette scène insolite a été filmée par une passagère. Cette dernière raconte : "Il ne savait pas trop quoi faire, alors il a dit que, dans le pire des cas, nous serions déroutés vers Bastia. C’est quand même improbable de se dire que le contrôleur, qui est censé nous faire atterrir, se soit endormi ou ait disparu. Les gens rigolaient, c’était vraiment très cocasse, et ça a fait rire tout le monde." Finalement, l’avion s’est posé sans encombre sur le tarmac, mettant fin à cette mésaventure nocturne.
Cet incident aurait pu être dramatique, avec des conditions météo dégradées par exemple. Des questions se posent alors : le contrôleur était-il trop fatigué pour assurer son service ? Comment a-t-il pu se retrouver seul dans la tour de contrôle ? Ces interrogations ont été posées au chef de la circulation aérienne d’Ajaccio, le supérieur hiérarchique des contrôleurs locaux. Mais ce dernier est resté opaque sur la question.
En réalité, le tableau de service d’une tour de contrôle gérant des vols commerciaux prévoit qu’au moins deux aiguilleurs soient simultanément présents. La Direction générale de l’Aviation civile précise que des vérifications ont déjà été effectuées, notamment sur les emplois du temps des contrôleurs. "Les effectifs étaient conformes aux exigences, avec deux contrôleurs présents, dont le second en pause pour une durée de quatre heures", indique-t-elle.
"C’est n’importe quoi, on a un peu honte", concède ce mercredi sur RMC Paul, un contrôleur aérien. Celui qui travaille sur un gros centre confirme que dans les petites tours de contrôle, il y a souvent un seul contrôleur.
De plus, les contrôleurs aériens, de part leurs grosses responsabilités, font partie des fonctionnaires les mieux payés, avec un salaire brut moyen de "96.000 euros par an, soit environ 8.000 euros mensuels", selon un rapport du Sénat d’octobre 2024. Leurs conditions de travail sont également adaptées avec en moyenne 32 heures par semaine et un jour de repos pour un jour travaillé. Et cela, en plus de leurs 25 jours de congés payés.
Le contrôleur aérien concerné a subi un test d’alcoolémie, qui s’est révélé négatif. Un entretien avec son supérieur est prévu pour envisager une éventuelle sanction.