"Des mesures pour réagir"
“La situation continue globalement de se dégrader, et dans certains territoires on atteint des niveaux de tensions hospitalières qui exigent que nous prenions des mesures supplémentaires. Des mesures pour réagir : la circulation du virus continue à augmenter, le taux d’incidence est en hausse constante”. Cette semaine le taux d’incidence est de 95 cas pour 100 000 habitants, contre 83 cas pour 100 000 habitants la semaine dernière.
Le taux de reproduction du virus reste au dessus de 1. Il montre la vitesse de circulation du virus. Il était de l’ordre de 3 lors de la 1ère vague.“Si nous adoptons des bonnes mesures nous pouvons le faire baisser en dessous de 1”, assure le ministre de la Santé.
Autre indicateur : la taux de positivité des tests. Sur 100 tests réalisés, 6 sont positifs, contre 5 la semaine dernière. Plus de 950 patients atteints de coronavirus sont actuellement en réanimation dans les hôpitaux du pays. Il a évoqué le cas de la région francilienne, où le système de santé serait “fortement mis en tension” .
"Protéger nos hôpitaux"
“Il est encore temps d’agir. Si nous ne prenons pas des mesures rapidement nous risquons d’atteindre une situation critique”, prévient le ministre. “Nous devons protéger nos hôpitaux, nos services de réanimation pour protéger les français”.
"Pour cela, la première clé nous la détenons : le respect des gestes barrières, le lavage des mains, le respect des distances, le port du masque et la réduction des interactions sociales. Si chacun de nous voit un peu moins de personnes par jour alors nous réussirons à vaincre ce virus. Un effort collectif qui est la clé de notre capacité à maîtriser le virus".
De fortes différences territoriales
Le troisième pilier décrit par le ministre est l’approche territoriale. Le virus ne circule pas de la même manière sur les différents territoires : il circule plus ou moins vite. C’est pourquoi les mesures sont adaptées en fonction des situations, “très variables selon les territoires”. Par exemple, la circulation du virus est particulièrement forte dans les métropoles, rapporte Olivier Véran. Pour classer les territoires, il se base sur trois indicateurs : le taux d’incidence, le taux d’incidence pour les plus de 65 ans et la part des patients atteints de covid dans les services de réanimations.
Ainsi, le gouvernement a retenu pour les départements rouges plusieurs zones d’alerte :
- la zone alerte, ou le virus circule nettement où le taux d’incidence supérieur à 50 cas sur 100 000 habitants, mais pas de circulation intense chez les personnes âgées, et le virus a peu d’impact sur les services de réanimation. Le préfet peut y prendre toute mesure pertinente. Une seule une disposition entre en vigueur à partir de lundi : les fêtes, mariages, tombolas, anniversaires, communions, devront se tenir à moins de 30 personnes. La Réunion est placée en zone alerte, et est donc concernée par cette nouvelle disposition.
- la zone alerte renforcée : ou le virus circule très fortement, y compris sur les personnes âgées de plus de 65 ans. Une circulation très intense du virus qui touche les personnes fragiles. C’est le cas à Lille, Toulouse, St Étienne, Paris et la petite couronne, Rouen, Grenoble et Montpellier. A partir de samedi dans ces territoires, la jauge des rassemblements s’abaisse à 1000 personnes si les règles sanitaires sont respectées. Les fêtes locales sont interdites et les bars devront fermer de manière anticipée. Les salles de sport devront fermer également. Les salles des fêtes et polyvalente ne pourront plus accueillir de fêtes.
- Enfin la zone d’alerte maximale, où le système hospitalier est en flux tendu, avec un taux d’incidence de plus de 250 cas sur 100 000 habitants, et plus 100 cas pour 100 000 sur les personnes âgées, avec un impact significatif sur les services de réanimation (au moins 30% des lits de réanimations sont occupés par des patients atteints de covid). La Guadeloupe et la métropole d’Aix Marseille sont des zones d’alerte maximale. Les bars et les restaurants devront fermer à partir de lundi. Le ministre a assuré que les entreprises concernées pourront bénéficier du même dispositif de soutien que pendant le confinement.
“Si la situation s’aggrave encore, nous n’aurions pas d’autres choix que de basculer ces territoires en état d’urgence sanitaire”, a conclu le ministre.