Elle comporte des dangers
Au cours d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé l’abandon de la technique d’interpellation dite "la prise par le cou, dite de l’étranglement". Selon ses dires, elle comporte des dangers, rapporte BFMTV. Ainsi, "cette méthode ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie", a-t-il détaillé.
Cette déclaration intervient après une vague de contestation mondiale à la suite du décès de George Floyd aux mains de la police américaine. Pourtant, cette décision ne fait pas l’unanimité, voire même, est fustigée au sein des syndicats de la police.
Qu’il demande à tout le monde de se laisser faire
Sur la chaîne, Grégory Joron, secrétaire général adjoint du syndicat SGP Police-FO s’est insurgé, lundi. "Quand est-ce qu’on s’en sert ? C’est quand les gens ne se laissent pas faire, alors ce qui serait magnifique si le ministre demande à tout le monde de se laisser faire", a-t-il clamé. Dans ce cas, selon lui, cela nous éviterait en effet le plaquage ventral, le menottage et également l’étranglement (...). "C’est extrêmement compliqué sans opérer de moyen de contrainte physique", a-t-il réagi avec virulence.
Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police - Force ouvrière, a dit avoir l’impression qu’on se sert (des policiers, NDLR) comme une variable face à l’opinion publique.
Il y a la réalité du terrain
Le délégué général d’Alliance, Frédéric Lagache s’est également exprimé auprès de l’AFP. Il a indiqué que la seule technique qui permette de maîtriser un individu dont le poids est supérieur. Dans ce sens, il craignait d’en être "réduit au combat de rue ou à l’utilisation du taser".
Pour Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-Police, également cité par l’AFP , il y a les annonces politiques et la réalité du terrain. "On dirait que l’on vit dans un monde de bisounours où tout le monde est gentil sauf les policiers qui sont méchants", a-t-il ironisé.
Il faut apprendre à faire autrement
Contrairement à ses homologues, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la Police nationale, a estimé qu’il y avait "beaucoup de mesures intéressantes". "Y compris dans l’arrêt de l’étranglement pour interpeller", a-t-il renchéri sur BFMTV. Toutefois, il a formulé la nécessité de faire des séquences de formation aux policiers pour leur apprendre à faire autrement durant l’arrestation de quelqu’un qui "ne veut pas se laisser interpeller".
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