Une décision sans précédent
L’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy, a été condamné à cinq ans de prison, dont une partie ferme, pour association de malfaiteurs. Cette sanction concerne le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Le Parquet national financier a fixé une convocation le 13 octobre, moment où il saura la date d’exécution de sa peine. Cette décision inédite suscite de vives polémiques au sein du pays.
La droite se mobilise
Le camp politique de Nicolas Sarkozy exprime un soutien massif et conteste la sévérité de la condamnation. Plusieurs figures des Républicains défendent son parcours et rappellent ses relaxes partielles. Bruno Retailleau souligne sa fidélité envers la France et évoque son énergie à défendre son honneur devant la cour d’appel, rapporte Franceinfo. Laurent Wauquiez, Éric Ciotti et d’autres responsables dénoncent un jugement excessif et estiment que les preuves d’un financement illégal restent insuffisantes.
Nicolas Sarkozy a toujours servi la France avec passion et engagement. Je veux redire mon soutien et ma reconnaissance envers l’homme d’État qui a tant donné à notre pays et mon amitié pour l’homme.
— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) September 25, 2025
La réaction de l’extrême droite
Au Rassemblement national, cette décision rappelle la condamnation récente de Marine Le Pen, elle aussi frappée d’inéligibilité. Plusieurs responsables évoquent une atteinte à la présomption d’innocence. Philippe Ballard parle d’une dérive inquiétante, insistant sur l’image dégradée de la France à l’international. Selon eux, cette lourde peine illustre une justice politisée. Ils affirment contester la méthode mais pas l’adversaire qu’ils continuent de considérer comme opposant politique.
Au-delà de la personne de l’ancien Président Nicolas Sarkozy, la négation du double degré de juridiction par la voie de la généralisation de l’exécution provisoire par certaines juridictions représente un grand danger, au regard des grands principes de notre droit, au premier…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) September 25, 2025
La gauche salue la justice
À gauche, les réactions sont globalement favorables à cette condamnation. Antoine Léaument évoque des preuves accablantes. Manon Aubry insiste sur l’importance d’appliquer la loi à tous, y compris aux puissants. Plusieurs élus ironisent sur la situation d’un ancien président condamné après avoir prôné la fermeté judiciaire. Ian Brossat rappelle son discours sécuritaire passé, tandis qu’Arthur Delaporte salue une décision historique qui confirme l’égalité devant la justice.
Société civile et magistrats vigilants
Les associations anticorruption considèrent cette affaire comme un moment marquant pour l’État de droit. L’Union syndicale des magistrats rappelle que la justice reste la même pour tous, indépendamment des fonctions exercées. Pour la Ligue des Droits de l’Homme, cette condamnation symbolise l’application concrète de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’Homme. La société civile insiste sur l’importance d’un signal fort contre toute forme de corruption politique.
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