François Bayrou, Premier ministre, n’est pas parvenu à obtenir une majorité de suffrages favorables à la suite de sa déclaration de politique générale. Contrairement à la motion de censure, le vote de confiance ne nécessite pas la majorité absolue des 577 députés, mais la majorité des suffrages exprimés.
François Bayrou a obtenu 194 voix "pour" et 364 "contre". Il devra donc présenter sa démission au Président de La République et un nouveau Premier ministre sera nommé prochainement.
Il présentera sa démission à Emmanuel Macron demain.
La classe politique réunionnaise réagit à ce vote :
Philippe Naillet, député
Karine Lebon, députée
Jean-Hugues Ratenon, député
Frédéric Maillot, député
Émeline K/bidi, députée
Maurice Gironcel, Secrétaire général du PCR
La population n’en peut plus. Saturée par des discours culpabilisants, écartée des décisions, confrontée à la flambée des prix, au manque de logements et à la difficulté d’accéder au foncier, la société réunionnaise est à bout. La colère gronde et le sentiment d’injustice grandit.
Même lorsque les urnes parlent, la volonté populaire est piétinée. Pire encore, la démocratie est confisquée et étouffée. Ce mépris alimente la défiance et nourrit la colère.
Dans une île marquée par le chômage de masse et des fractures sociales, économiques et territoriales, l’austérité budgétaire fragilise encore davantage notre cohésion. Sur ce terreau prospèrent les idées xénophobes de l’extrême droite, héritière d’un passé de compromissions et toujours porteuse d’un poison dangereux.
Nous affirmons haut et fort : « Nou lé pa plis, nou lé pa mwin, respekt a nou ! » Fiers de nos origines multiples, nous revendiquons notre identité réunionnaise ouverte et fraternelle.
La résignation n’est pas une option. La Réunion a des atouts considérables : des jeunes formés, des compétences reconnues, une biodiversité unique, une position géostratégique. Un autre chemin est possible, plus durable, plus solidaire, plus juste.
Après le vote de défiance à l’Assemblée nationale et la démission du gouvernement, les défis restent entiers. La Réunion a rendez-vous avec elle-même. Nous appelons à une mobilisation générale pour bâtir, avec toutes les bonnes volontés et l’État, une nouvelle politique au service des Réunionnaises et Réunionnais.
Face à un monde instable et fracturé, nous plaidons pour une approche fondée sur la coopération, la paix et l’amitié entre les peuples. C’est notre conviction.
Le PCR renouvelle son appel à se mobiliser massivement les 10 et 18 septembre aux côtés des forces vives de notre île
Audrey Bélim, sénatrice
Le Premier ministre avait donné rendez-vous ce 8 septembre aux députés pour sa démission programmée. Sans suspense, le Gouvernement Bayrou est ce soir démissionnaire.
En effet, aucune surprise dans son discours reprenant les mêmes éléments
de langage que François Bayrou égrenait ces 15 derniers jours sur l’ensemble des médias nationaux. Un discours dans la droite ligne de ses prédécesseurs depuis 2017.
Avec comme politique, un soutien inconditionnel aux plus riches et aux grandes entreprises et un effort supporté par tous les autres, notamment par les plus fragiles, par les travailleurs, par les petites entreprises, par les demandeurs d’emploi, par les retraités, et comble de tout, par les malades.
Alors que les 500 familles les plus riches de France ont vu leur fortune passer de 600 à plus de 1200 milliards d’euros en seulement 8 ans, personne ne pourrait comprendre que l’on poursuive sur cette voie : celle qui consiste à effacer l’intérêt général au profit de quelques-uns.
Ce soir, les députés, à l’image des Françaises et des Français, à l’image des Réunionnaises et des Réunionnais ont dit NON à une politique toujours plus injuste.
Nous avons dit NON à un gouvernement qui continue, sans aucune honte, à détruire les fondements de notre république et notre cohésion sociale.
Nous avons dit NON au mépris des revendications de notre île : nous voulons des solutions à la vie chère, des solutions sur nos bas salaires et une considération à la protection de notre population face aux dangers climatiques.
Il est temps que le Président de la République nomme un gouvernement issu de la 1ère force politique arrivée en tête lors des dernières élections législatives, un gouvernement de gauche.
Huguette Bello, présidente du PLR
Ce rejet clair et massif traduit un constat sans appel : la politique menée par François Bayrou n’a convaincu ni les députés ni les Français. Son projet de budget, profondément injuste et déséquilibré, aura été la goutte d’eau de trop.
Le PLR se félicite du départ de François Bayrou, qui n’aura été qu’un exécutant de la ligne inégalitaire imposée par Emmanuel Macron. Cette orientation politique, qui fait peser les sacrifices sur la majorité des citoyens tout en épargnant les plus fortunés, a montré ses limites.
Le PLR réaffirme avec force qu’une autre voie est possible :
-Une véritable justice fiscale, en mettant à contribution les grandes fortunes et les multinationales qui échappent trop souvent à l’impôt
-Un soutien renforcé aux services publics, piliers essentiels de l’égalité et de la cohésion sociale
-Une amélioration du pouvoir d’achat et un accompagnement réel des familles modestes, premières victimes des politiques actuelles.
En réalité, la dette publique que François Bayrou n’a cessé d’instrumentaliser n’est que la conséquence directe de choix budgétaires et fiscaux injustes, poursuivis de gouvernement en gouvernement. Ce sont ces choix qui ont plongé des millions de Français dans une situation de précarité et de détresse.
Enfin, il faut rappeler que cette crise politique trouve son origine dans le déni de démocratie orchestré par Emmanuel Macron depuis les élections législatives de 2024. Refusant d’entendre la volonté populaire, il a persisté dans une stratégie autoritaire et minoritaire.
Aujourd’hui, l’Assemblée nationale a tiré les conséquences de cet entêtement. Il est temps, pour la France, d’ouvrir une nouvelle page et de bâtir une politique juste, équitable et réellement démocratique. Cela passera par l’expression de cette colère populaire légitime au travers des actions de mobilisation prévues le 10 septembre.