Leur colère se concentre sur un problème central : la pénurie de créneaux pour l’examen du permis.
Délais interminables et coûts supplémentaires
Selon ces auto-écoles, cette situation freine des milliers d’élèves et pénalise financièrement les familles. Syndicats et patrons du secteur appellent à des mesures urgentes pour débloquer l’accès au précieux sésame.
Dans certaines régions, obtenir une date relève du parcours du combattant. En Île-de-France ou dans les grandes villes, l’attente atteint parfois huit mois. À Lyon, un candidat a dû patienter quatre mois avant d’obtenir une convocation. Pour garder le niveau, les heures de conduite s’ajoutent, facturées entre 50 et 60 euros. Ces dépenses supplémentaires épuisent le budget de nombreux élèves. Certains finissent par prendre le volant illégalement ou recourent à de faux moniteurs, comme l’a dénoncé Christophe Saligot, formateur indépendant.
Un manque d’inspecteurs pointé du doigt
Les représentants du secteur, à l’image de Patrick Mirouse, président de l’Unidec, parlent d’un véritable "goulot d’étranglement". Avec moins de 1 500 inspecteurs pour 1,4 million de candidats en 2023, la demande dépasse largement l’offre. Les syndicats réclament le recrutement de 150 à 200 agents supplémentaires, alors que le ministère de l’Intérieur prévoit seulement 103 postes en 2025. Par ailleurs, la généralisation du permis dès 17 ans et son financement via le Compte personnel de formation (CPF) ont multiplié les inscriptions, aggravant la pression.
Des propositions pour sortir de l’impasse
Le dirigeant de l’auto-école en ligne En voiture Simone, Édouard Rudolf, regrette l’absence de réponses concrètes. Les professionnels avancent pourtant plusieurs pistes. Ils suggèrent davantage d’heures obligatoires, l’instauration d’un système de rattrapage inspiré du baccalauréat, ou encore l’extension de la conduite accompagnée dès 14 ans pour améliorer le taux de réussite.
Le président de l’Unic, Benjamin Panis, prévoit une forte mobilisation, évoquant jusqu’à 3 000 véhicules en cortège, comme lors du mouvement de 2019. Les manifestants exigent une rencontre rapide avec Matignon pour mettre fin à une situation jugée insoutenable.
Source : La Dépêche