Une condamnation antérieure pour onze viols
En mars 2021, la cour criminelle de l’Hérault (Montpellier) a reconnu Lionel Charvin coupable de viols sur onze patientes. Il comparaît devant la justice à partir de jeudi pour des situations semblables. Il y a quatre ans, ce maïeuticien avait utilisé son statut pour justifier des gestes intimes déguisés en soins. Les faits incluaient des attouchements intrusifs lors de consultations prénatales et postnatales. Il évoquait des pratiques thérapeutiques comme les massages du périnée ou des pénétrations digitales. Les juges ont retenu l’abus d’autorité lié à sa fonction. Cette condamnation avait suscité une forte médiatisation. Elle avait incité d’autres femmes à témoigner à leur tour. Le tribunal l’avait alors condamné à douze années de réclusion criminelle.
Six nouvelles victimes devant la justice
Après ce premier procès, six patientes supplémentaires ont accusé Lionel Charvin de faits similaires. Certaines plaintes ont été écartées, soit pour prescription, soit par manque de preuves. Toutefois, pour six cas, la justice a jugé les éléments suffisants. Cinq femmes se sont constituées parties civiles et ont évoqué des gestes déplacés et des actes non justifiés médicalement. Le mode opératoire rappelle les précédentes accusations. Une victime affirme avoir été « masturbée » durant une séance censée être professionnelle. Le procès, débuté jeudi, pourrait conduire à une nouvelle peine de vingt ans de réclusion, rapporte Le Parisien.
Des séquelles durables et une défense floue
Les plaignantes ont évoqué un état de sidération les empêchant de réagir. Elles ont décrit un sentiment de paralysie durant les agressions. Depuis, la majorité souffre de troubles post-traumatiques, comme l’ont établi les expertises judiciaires. De son côté, Lionel Charvin continue de nier toute intention malveillante en parlant d’une pratique professionnelle mal interprétée. Toutefois, son discours reste ambigu, selon les enquêteurs. L’homme, père de trois enfants, exerçait en libéral et dans une clinique privée. Il pratiquait aussi l’haptonomie, une discipline basée sur le toucher, jusqu’en 2016 à Montpellier. Le verdict est attendu vendredi.
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